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14/12/2013

Impression d'un conseil municipal ordinaire

 

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Les conseils municipaux sont suivis avec une grande attention par la population nîmoise. J'avais ouïe dire qu'une foule considérable se pressait toujours à ses tenues mensuelles et avaient peine à tenir dans le pourtant vaste espace qui lui est dévolu. Pour le confort de ceux pour qui la station debout de 4 heures et plus d'affilée serait par trop pénible, il y est même offert une quantité non négligeable (une quinzaine) de sièges. Ce matin, l'assistance était exceptionnellement plus clairsemée et, comble de chance, une chaise libre s'est rapidement offerte à moi au deuxième rang.

Je dois dire que, de ma place, je n'ai entendu qu'une très faible partie des propos tenus dans la grande salle. Ma surdité naissante y est sans doute pour quelque chose, mais il faut préciser qu'entre l'espace où est confiné le public et celui où sont installés nos élus, se dresse un mur épais, percé toutefois de trois ouvertures de style roman. Si l'on veut suivre de façon plus suivie les débats, et surtout voir la personne qui profère les paroles entendues, il faut se placer juste devant ces ouvertures, ce qui n'est pas possible à plus de 3 de front (par ouverture). Depuis les sièges, on ne distingue qu'une masse informe et encore quand quelques trublions ne vous masquent pas soudain et pendant un bon moment toute la scène par une banderole ayant trait à l'ordre du jour ; et vers laquelle, comme fascinés, se sont tournés tous les regards de la grande salle (j'ai pu les voir en m'étant rapproché de l'une des ouverture latérales) et même certains journalistes qui, tous, lui tournaient le dos, ont du faire souffrir leur colonne vertébrale pour lire ce qui y était écrit, quand ce n'est pas carrément demander à quelqu'un du public plus au parfum de le leur communiquer.

Tout cela s'était passé dans le plus grand silence de la part des protagonistes, et le respect du bon déroulement de cet épisode essentiel de notre vie démocratique qu'est une réunion du conseil municipal nîmois. Les porteurs de la banderole et leurs sympathisants se sont juste permis une formidable ovation, à la fin des interventions sur le sujet, de deux conseillers de l'opposition que, chose qui mérite d'être soulignée, monsieur le Maire a laissé s'exprimer jusqu'au bout, sans même jamais esquisser le geste de leur couper la parole. On se doit de souligner ici la retenue dont a dû faire preuve, à cette occasion, le premier magistrat de notre ville. Tout au contraire un autre épisode, quelques dizaines de minutes plus tôt, avait provoqué une certaine perturbation. Il est vrai que, ai-je entendu dire, les journalistes se plaignaient depuis quelques temps du caractère morne des conseils municipaux qui se succédaient, en ne leur offrant aucun fait saillant, pour ne pas parler d'empoignade, à jeter en pâture à leurs lecteurs. Sans doute est-ce mû de compassion pour cette profession frustrée qu'un petit groupe, trois jeunes gens distingués et presque en tenue de soirée, qui jusque là étaient restés paisiblement assis au premier rang devant l'ouverture du centre, se sont brusquement levés en vociférant comme des malades, lançant des imprécations où l'on distinguait, plus fort que les autres, le mot laïcité. Tandis que, toujours vociférant laïcité, ils étaient traînés hors de la salle manu policiari, il s'est avéré que ce qui motivait leur indignation était un bail accordé à une association musulmane. Certains ont fait remarquer que la fibre militante de ces improbables champions de la laïcité avait étrangement été peu sensible, à moins que les intéressés n'aient eu un moment d'inattention, quelques points plus tôt, alors qu'était venu sur le tapis le vote de la garantie d'emprunt à un établissement secondaire catholique réputé, dont on peut en passant rappeler qu'en son temps, grâce aux libéralités de la majorité municipale d'alors, il avait acquis pour la somme astronomique de 1 Franc symbolique le terrain sur lequel il est présentement bâti.

La grande salle du conseil dispose de plusieurs grands écrans où défilent les points en cours de délibération avec leurs tenants et leurs aboutissants. Serait-il vraiment hors de portée des finances de la commune qui, par ailleurs, tout en se vantant de ne pas alourdir la charge fiscale des habitants, fait face sans broncher à la multiplication du coût de ses Grands Projets... (complétez vous-mêmes), et à celui, plus modeste mais non négligeable, des actions en justice que cela entraîne, serait-il donc vraiment hors de portée de ces finances généreuses, d'installer aussi dans la vaste salle du public au moins un de ces écrans, plus, tant qu'à faire, un autre qui nous montre la grande salle?

Plus modestement nous avons droit tout de même à l'affichage  des différents points (quelques 80 aujourd'hui) sur l'un des piliers. Pour n'être pas négligeable, la largeur de celui-ci ne permet cependant pas d'afficher côte à côte plus de deux feuilles 21x29,5 dans le sens de la hauteur. Laquelle, pour le haut de l'une des rangées, dépasse la taille du Nîmois moyen. Aussi suggérerai-je de prévoir que la mairie fasse l'acquisition, en vue des prochains conseils, d'un certain nombre de paires d'échasses. Mais peut-être serait-il moins onéreux, et même pas du tout, de répartir les feuilles sur les deux piliers à hauteur de vue telle qu'on n'ait pas besoin de se plier en deux ou au contraire d'avoir recours aux auxiliaires sus évoqués pour en prendre connaissance.

Gispet

 

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